mercredi 8 février 2012

Parce que je t'aime.

« Dis-moi chéri, tu te souviens de notre première rencontre, de nos premières conversations ? Dis-moi chéri, tu te rappelle du jour où tu m'as promis que je serais le seul, jusqu'au bout ? Ça fait quoi de mentir ? De savoir qu'un autre est là, en train de compromettre ce que tu m'as dit ? Dis-moi chéri, n'as-tu aucun remord à te dire que je subis quotidiennement ton enfer en échange de ton amour. Dis-moi chéri, il t'a aidé plus que moi pour avoir eu ton attention? Moi chéri, je vais te dire que je ne suis pas éternel. Et je crois que tu ne réalises pas ce que tu as sûrement perdu. Tu m'a brisé. Tu as dépassé les limites. Dis-moi chéri, as-tu aussi mal que moi? Parce que moi je souffre. Tu as osé remplacer l'être qui aurait pu tout faire afin que tu sois heureux, et toi, par simple suffisance tu as prit le premier venu. Pourquoi ? Oui. Ma seule question est pourquoi ? Pourquoi moi, pourquoi est-ce que tu t'en prends le plus à moi ? Dis-moi chéri, qu'est-ce que j'ai bien pu te faire pour être ta première cible ? On était pas bien ensemble ? Dis-moi chéri, suis-je une erreur de la nature pour obtenir autant de méchanceté venant de ta part ? Moi chéri, je vais te dire quelque chose encore, je ne suis pas seulement un trou, ou un piller. Je suis un homme. Un homme que tu es censé aimer, tu sais pourquoi ? Parce qu'avant chéri, ton coeur était mien, tu aurais tout fait pour notre couple, pour ce qu'on avait construit ensemble. Avant chéri, ton coeur, ton âme et ton corps étaient mien. Et maintenant, il me reste quoi ? Ton côté obscur. Tu vois chéri, je supportais tout ça avant, parce que je croyais être le seul qui savait tout de toi, le seul qui pouvait lire en toi, maintenant que tu m'as trahis, je ne peux plus. Et tu sais quoi chéri ? J'ai hâte de voir comment il va s'en sortir. Savoir si il sera mieux que moi. Et là chéri, je serais mauvais. Parce que je serais là quand tu ouvriras les yeux. J'ai promis. Et moi chéri, je ne suis pas comme toi, mes promesses, je les tient. Tu te souviens du jour où tu m'as demandé en mariage ? Ce jour où je t'ai promis de rester jusqu'au bout moi aussi ? Et bien oui. Mais ne vas pas trop loin chéri, je te l'ai dit, je ne suis pas éternel. Dis-moi chéri, as-tu peur maintenant ? Prendras-tu soin de moi finalement ? Tu me perds, je suis faible chéri, mon amour aussi devient faible. Je te mets en garde. Malgré moi chéri, je t'aime. Et je mourrais en homme qui fait des sacrifices. Je suis un homme bien malgré ta connerie. Et ça, ça ne changera pas. Tu peux me haïr autant que tu voudras, que je sois là ou non pour subir tes colères. Je suis un homme bien. »

lundi 6 février 2012

De surprise en surprise.


Un réveil indiquait 05:30 du matin, puis le son de l’animateur radio s’élevait dans la chambre à coucher de deux hommes endormis.

« Hello Los Angeles ! Nous sommes le 05 Janvier 2008 et le soleil se lève déjà sur les collines de la ville ! J’ai le plaisir d’annoncer qu’… Vas te pendre. »

Une voix grave grognait contre la machine avant de l’éteindre d’un coup de main assez brutal. Il se relaissait tomber sur son oreiller le temps de se réveiller en douceur avant d’ouvrir une seconde fois les yeux. Après se les être frottés doucement, il se penchait tendrement vers son amant pour l’embrasser avec amour dans la nuque puis vers l’épaule avant de retourner au creux de son cou.
Il soufflait doucement à son oreille afin de ne pas le réveiller trop vite :

« Jay’.. C’est l’heure..
- Mmmmmh, ‘core un’ti peu..
- Je te connais chéri, un petit peu puis après c’est un grand retard.

L’endormi collait son dos nu au torse de son compagnon sans pour autant ouvrir les yeux. Celui-ci caressait l’épaule du brun et enlaçait ses doigts avec ceux de son amour.

« Bébé, pourquoi tu mets ton réveil aussi tôt?
- Tu le sais très bien..
- Oui je sais, mais tu pourrais dormir une heure en plus chaque matin, combien de fois s’est arrivé qu’une heure aussi tardive ne serve à rien..
- Je suis comme ça Co’, je préfère anticiper, je sais comment ça se passe si je fais pas ça.. Tu me réveille, t’es sublime, je craque, on fait l’amour, et on ne bouge pas du lit avant une certaine heure. Le défaut de t’avoir en homme ! »

Jared rigolait en cœur avec son ami avant de plonger sa tête dans son cou. Effectivement, ça n’était pas pour ce matin, mais il s’en fichait. Il passera son heure à son lover contre son amour.

« Tu commences à quelle heure aujourd’hui? Demanda le chanteur.
- 08:30.. Soupira le plus jeune du couple.
- Rendors-toi mon ange, t’es pas obligé de… »

Il avait à peine le temps de finir sa phrase qu’une paire de lèvres venait se poser sur les siennes. Après trois ans de vie ensemble, le couple s’aimait toujours autant, il y avait autant de sentiments que le premier jour. Ils étaient fou l’un de l’autre, ça en crevait les yeux.
Certes ils s’étaient déjà disputés mais jamais rien de bien méchant, sans leur moitié, ils étaient malheureux de toutes façons. Ils étaient bel et bien fait pour être ensemble, c’était une évidence.

Colin s'était mit automatiquement sur son compagnon afin d’être plus à l’aise. Il regardait l’homme de sa vie avec tant de protection, d’amour que l’ainé frémissait avant de virer au rouge.

« T’es beau chéri.. » lui murmura l’Irlandais.

Jay’ caressait la joue de l’européen avant de lever sa tête pour embrasser encore une fois son amant.
Les caresses du plus jeune devenaient de plus en plus chaudes, intimes. Son ami se laissait faire , alors qu’il lui dévorait le cou, il ouvrait les yeux et tombait malencontreusement sur l’horloge.

« Mmmmh, A… Amour, c’est… MERDE ! C’est l’heure de lever James !
- Qu … Quoi !? »

Il levait la tête à son tour et soupirait de frustration.

« Donc j’vais encore utiliser ma main pendant que tu seras serré dans ton jean toute la journée? Continua-t-il blasé.
- On aura tout notre temps ce soir… Hein? Murmura le chanteur. »

L’acteur d’Alexandre l’embrassait sur la joue et s'était assis sur le rebord du lit.

« Co’… Tu m’en veux? »

Il s’approchait doucement de son compagnon pour l’enlacer et se rassurer lui-même.

« S’il te plait, ne me touche pas Jay’, j’ai déjà assez envie de toi comme ça.. »

Le Leto ne bronchait pas et se levait du lit pour aller réveiller James.

Ça arrivait souvent, le jeune couple ne voyait pas les heures passées quand ils étaient ensemble et quand leur intimité commençait à devenir de plus en plus torride, il y avait toujours quelque chose pour les arrêter.
Pourtant, il n’était pas question de panne ou de fuir ou quelque chose de ce genre. Les deux avaient très envie l’un de l’autre, mais on aurait dit que tout était contre eux et leur plaisir.
Comme avait prédit Colin, sa main droite lui fut d’une bonne aide et Jared resta coincé à l’étroit dans son jean.

« BÉBÉ J’Y VAIS ! Y’A DES TARTINES SUR LA TABLE ! JE T’AIME !
- Auvoir Papa »

Puis la porte d’entrée claquait. Le silence. Dieu sait comme l’Irish aimait ce moment de la journée. Loin de la télévision mise à fond pour son fils, loin de la guitare de Jared quand celui-ci composait. Juste quelques minutes de silence.


*POV Colin.*

Il était onze heures. J’étais en train de faire la même scène depuis déjà une heure. Le réalisateur était toujours plus dur, toujours plus exigeant. Je n’avais pas le droit à l’erreur.
Quand il m’avait dit que ma pause pouvait être prise, mon soulagement se fit sentir. Je mettais tout mon maximum afin de la finir au plus vite et partais en direction de ma caravane pour manger un morceau. Automatiquement, je prenais mon portable et composais le numéro le numéro de mon amour.

*Fin POV Colin.*



*POV Jared.*

Mon BlackBerry indiquait un appel. C’était Colin. Bien que mon envie de répondre était immense, j’étais trop absorbé par mon boulot. Le vibreur s’arrêtait. Un second appel perturbait l’ambiance de travail qui s’était installée dans le studio. A ma grande surprise, ce n’était plus mon ami mais un numéro que je ne connaissais pas. L’école de James? Impossible, ils auraient appelé son père avant.

« Allô ?
- Bonjour, je souhaiterais parler avec Monsieur Jared Joseph Leto.
- C’est moi-même. Qui êtes-vous ?
- Maître Chris Walter, l’avocat d’EMI Californie. Je vous informe qu’une procédure est engagée contre le groupe Thirty Seconds To Mars pour cause de fraude. Vous a…
- Non mais attendez, c’est quoi ça ? Vous croyez que je vais gober vos conneries ? Vous vous prenez pour qui à prendre mon numéro et dire des saloperies comme ça à propos de mon groupe !? Allez vous faire foutre.
- Ceci est loin d’être un canular Monsieur Leto, votre maison de disque vous attaque en justice.
- Pourquoi ils nous ont rien dit avant? Si on avait su que y’avait un problème on l’aurait réglé ! On a toujours été clean !
- Trouvez un bon avocat Monsieur. Il vous tiendra au courant de la date d’audience.
- Ouais c’est ça, au revoir. »

Je raccrochais avant de lancer un « connard ». Je ne pouvais me retenir plus longtemps et balançait violemment mon smartphone chéri à travers la pièce en cognant sur le piano.

« MERDE, MERDE, MERDE, MERDE, ET MERDE ! »

Je ne m’étais pas rendu compte du ton de ma voix tellement ma colère avait pris le dessus. Forcément, mon batteur et mon guitariste me regardaient curieusement.

« Jay’, y’a un problème? Osa finalement me demander Shannon.
- Trouve le meilleur avocat de LA Shan… dis-je d’une voix résignée.
- Un avocat? Mais… Pourquoi !? Jay’ c’était qui ce con !?
- Je sais pas… JE SAIS PAS D’ACCORD !?
- Ok, Ok… On se calme. Qu’est-ce qu’on a bien pu faire pour que la justice se mêle au groupe?
- Apparemment on aurait fraudé, en tous cas c’est la maison de disque qui pense ça. Mais je sais pas, je sais pas à quel moment on aurait pu… »

Tomo s’approchait de moi et me serrait l’épaule amicalement.

« Ca va aller gars, ce sont des vautours ces gens là, on a rien à se reprocher, alors on va aller manger un peu et puis on va finir l’enregistrement de la démo’ d’accord? »

J’hochais la tête positivement. Le croate savait toujours quoi dire, il avait toujours cet optimisme qui finissait par se répandre, même quand tous étaient au plus bas.

*Fin POV Jared.*

La journée passait lentement pour les deux hommes. Colin partait chercher son fils à la maternelle et le ramenait au chaud à la maison.

« JAMES ! Désa… bille toi avant de mettre de la neige partout…  soupira-t-il en pensant au nettoyage qui allait suivre la boulette de son fils.
- D’zolé papa, mais fait foid dehors, ‘voulais avoi chaud..
- D’accord mais ce soir tu vas passer au bain mon fils ! Allez viens, enlève ça ! »

Il aidait son petit ange à se mettre à l’aise puis le laissa en liberté dans la maison avec ses dessins animés, ses dessins, ses jouets etc…
Co’ aimait son gamin, c’était la perfection de sa vie, malgré quelques problèmes de santé, son fils se portait à merveille, il avait l’air heureux et c’était le plus important.
Le père lavait son garçon et le mettait en pyjama avant d’aller l’installer sur la chaise haute. Le jeune enfant mangeait tranquillement à défaut de balancer parfois sa nourriture au visage de son géniteur. Ils rigolaient ensemble quand la porte d’entrée se fermait discrètement. On entendait du hall des petits ronchonnements contre le froid avant d’entendre des pas s’approcher de la famille.
James balançait son bol par terre en voulant sortir de table pour obtenir un câlin de son second parent.

« Papa, Papa, Papa ! ’Fait nuit, t’itais où ??
- J’étais au travail chéri. » dit Jared d’une voix lassée en embrassant la chevelure du bébé.
Il regardait son ami puis continuait sur le même ton de voix

« Je suis fatigué, j’vais me coucher. »

Son amant le regardait intrigué puis venait l’enlacer tendrement.

« Mauvaise journée? »

Une pression légèrement plus forte lui répondait. L’ainé faisait comprendre à son amour que ça n’allait pas mais il n’avait pas envie d’en parler. L’Irlandais caressait lentement la tête de son homme avant de lui murmurer des mots doux et rassurant à l’oreille.

« Ca va aller bébé, quoi que ce soit, t’es bien plus fort que ce qui te fait de la peine. »

Des larmes commençaient à se faire sentir dans le coup de l’européen. Il devenait tout à coup inquiet, Jared ne pleurait jamais, ou vraiment très rarement. Il le faisait patienter le temps de faire sortir son fils de la cuisine et prenait la tête de son compagnon entre ses mains.

« Chéri, parle-moi…
- Y’a… Y’a rien c’est juste la fatigue.
- Arrête Jay’, ne me mens pas, pas à moi..
- C’est juste que… On me prend pour un con, depuis le début, on respecte pas mon boulot, on nous traine dans la boue…
- Tu travailles très dur cœur, t’excelles dans tous les domaines, c’est juste les journalistes qui…
- Le groupe est trainé en Justice… »

Le chanteur avait lancé ça d’un coup, le regard dans le vide. Il n’aimait pas ceux qui touchaient de trop près à son travail mais là, il était simplement impuissant.
Le couple en discutait plus sérieusement, ils essayaient de chercher sur Internet toutes sortes de fraudes involontaires qu’aurait pu faire le groupe, mais rien.

Jared s’endormait sur le canapé, il était vraiment épuisé, autant physiquement que moralement.
Colin le portait en essayant de ne pas le réveiller et le déposait dans le lit avant de le recouvrir avec la couverture.

Il savait que son ami n’était pas un escroc, il en avait assez bavé pour risquer de tout perdre. Ce groupe était vraiment tout ce que le chanteur avait.

Il sortait alors de la chambre à coucher, prenait son téléphone et appelait une vieille connaissance.

*POV Colin.*

Je ne pouvais pas rester là sans rien faire, mon ange avait le cœur brisé pour des salauds de rapace. Et je connaissais quelqu’un qui pourrait les calmer, qui ne tente rien n’a rien après tout.

« Allô?
- Oui ?
- Bonsoir Maître Lawrence, je crois que je vais encore avoir besoin de vos sages conseils…
-Laissez-moi deviner. Monsieur Farrell? Répondit celui-ci.
- Vous êtes très fort Maître ! Dis-je avant de reprendre un air sérieux. Non vraiment, j’aurais besoin de vos services, vous êtes le meilleur avocat que je connaisse et mon compagnon a besoin de quelqu’un qui pourrait l’aider à gagner son affaire…
- Dites-moi en plus.
- Très bien. Ce midi, l’avocat d’EMI USA a appelé mon ami en l’informant qu’une procédure était en cours contre son groupe Thirty Seconds To Mars. Apparemment il y aurait fraude mais on ne sait pas de quoi ils parlent.
- Je vois, avez-vous une date d’audience?
- N… Non, je ne crois pas, on lui a juste dit d’avoir un bon avocat.
- Mmh mmh, ils veulent les prendre au pied du mur, très bien Monsieur Farrell, venez demain matin, neuf heures au cabinet. Je prends votre affaire en charge.
- Merci Maître, nous y serons. Merci beaucoup. »

Je posais mon téléphone et préparait les affaires du lendemain pour fils et amant.

*Fin POV Colin*

Le jeune homme réveillait sa petite famille assez tôt et expliquait la situation à l’américain.

« Co’ je… C’est qui cet avocat? Je l’ai jamais vu ou même entendu son nom quelque part..
- Il ne travaille pas pour la gloire Amour, c’est un avocat exceptionnel, c’est grâce à lui que James est sous ma responsabilité et aussi grâce à lui que les dégâts de ma vidéo porno sont minimes.
- D’accord… Je te fais confiance. »

Ils allaient donc voir l’avocat du groupe ensemble pour voir environ de quoi il pourrait s’agir. La secrétaire les faisait entrer dans le bureau de l’avocat, qui lui-même s’empressait de les accueillir chaleureusement.

«  Monsieur Farrell, Monsieur, enchanté ! »

Il leur serra la main et commençait à questionner le brun.

« Bien, donc voyons ça.. Monsieur Leto, quand avez-vous formé votre groupe?
- En 1998.
- D’accord, avec qui ?
- Avec mon frère Shannon, mais actuellement il y a aussi Tomo Milicevic.
- Bien, dites-moi en quelle année avez-vous signé votre premier contrat?
- Euh, en 2002.
- Très bien, je vous remercie. Avez-vous cela sur vous?
- Oui oui, j’ai tous les papiers qui concernent le groupe. »

L’homme de droit pouvait lire le contrat et jetait un œil sur les détails.

« Le groupe 30 Seconds blablabla fondé à LA blablabla par Jared et Shan… AH ! Dites-moi Monsieur Leto, combien avez-vous fait d’albums à ce jour?
- Nous sommes en préparation du troisième. Pourquoi?
- Voyez-vous, en 2002 vous avez signé un contrat venant d’EMI Europe. Votre maison de disque a dû sans doute faire exprès de vous faire signer celui-ci car ils voudraient vous faire faire sept albums en neuf ans, or, en Amérique, le règlement oblige simplement de faire un album dans l’année qui suit la signature du contrat.
- Qu… »

Jared restait bouche bée. Comment pouvait-il avoir été con !?

Une ambiance pesante s’était déjà installée. Ceci n’était que le commencement.

Un secret.


« Ne dis rien, à personne… » avait-il murmuré.

J’avais simplement hoché la tête en guise d’acquiescement. Puis il parti en laissant sa main sur mon cœur d’un air rassurant mais désolé. Il savait qu’il me blessait, mais je lui faisait confiance, autant que lui l’avait eut envers moi.

Sur ce tournage tout était possible, on pourra dire tout ce qu’on veut mais autrefois il n’y avait aucun préjugé, aucune limite sur l’amour. Je crois que l’Histoire nous a tous rattrapé, tout l’équipage est plutôt ressemblant à ce qu’on attend de leur personnage.

Cela fait déjà deux mois que nous sommes arrivés au Maroc. Je me rappelle encore du commencement.
On venait d’arriver mais c’était un long tournage, alors il fallait débuter et très vite.

Colin et moi étions à la cafet’, c’était facile à nous trouver, on était toujours fourrés ensemble, une amitié, une vraie de vraie. Une complicité qui dépassait tout ce que j’avais pu imaginer avant, c’était différent de ce que je pouvais ressentir avec mon frère. Avec lui tout était simple, sans prise de tête, on pouvait faire les quatre cents coups ensemble, ça nous était complètement égal.

Jonathan appelait ça de l’amour et j’avoue qu’il n’a jamais vraiment su, mais il s’en doutait. Il savait toujours tout, juste d’un regard. Petit con !

Ce soir là, Jo’ demanda à Colin et moi si on voulait sortir un peu, faire la « teuf » comme il disait, alors le bel Irlandais dit de suite oui, son truc c’était la fête. Personnellement j’étais trop fatigué, la journée avait été rude, je sais que j’aurais été pénible. Les deux Irish boudèrent mais partirent quand même.
Ces deux là, je les aimaient mais vraiment, en plus d’être de bons acteurs, ils étaient de bons amis.

Il était 1h, après avoir prit une douche je partis me coucher, trop crevé pour penser ou quelque chose comme ça. Mes yeux se fermaient tout seul, pourtant Dieu sait que le sommeil n’est pas mon ami.

J’étais déjà parti très loin dans mes rêves quand je senti un coup de fraîcheur m’envahir. Puis quelqu’un grogna assez fort.

«  Désolé vieux, j’suis… Un peu t’sais… Bourré ! Avec de l’alcool et tout !
- Mmmh, euh Co’ tu sais t’es pas obligé de te justifier mais je dormais un peu si tu veux.
- Ah ouais, euuuh… Désolé Jay’.
- C’est bon c’est pas grave, mais fais gaffe la prochaine fois répondit le brun avec un sourire.
- J’crois que c’est évident que j’dorme ici, je peux? Allez s’il te plaît, tu peux rien me refuser !

L’Irlandais regarda Jared dans les yeux en sortant ce que l’on peut appelé son plus beau sourire.

- D’accord, mais tais-toi, tu parles déjà trop pendant la journée, si en plus tu parles le soir, je meurs!

Ils éclatèrent de rire, puis l’acteur d’Alexandre reprit un air à peu près sérieux.

- Tu trouves pas ça bizarre Jay ?
- Quoi ?
- Ce qu’on fait, notre complicité et tout ?

L’ainé regarda son ami légèrement troublé.

- Je pense surtout que t’as un peu trop fait la fête, tu devrais dormir.
- Si tu le dis, mais même bourré, je sais que je le pense, c’est plutôt étrange entre nous.
- Co’, à ce que je sais, il ne me semble pas que tu sois gay, et je ne le suis pas non plus, on s’aime juste beaucoup, voilà tout.
- Si tu le dis …

Colin mit sa main sur la joue du chanteur en guise d’un bonne nuit et se plaça pour dormir.

A suivre…
Le lendemain matin, l’ainé des deux hommes ouvrit un œil, le referma et se décida enfin à se mêler à la réalité. Il sursauta quand il sentit quelqu’un bouger dans le même lit que lui.

En effet, Colin était étendu dans tout son lit, prenant la moitié du lit en plus de la couette. Une main venait de se poser sur son dos. Elle était chaude et douce. Un frisson se fit sentir dans tout son corps. Il refusa de bouger mais il n’aimait pas ce malaise qui commençait à naître avec son ami, cela ne présageait rien de bon.

Il bougea lentement la main de son ami avant de se lever et de se diriger vers la douche.
Étant seul dans la douche, il se remémora la conversation qu’il avait eu avec l’Irlandais hier soir. Il est vrai que l’acteur d’Alexandre disait ce qu’il pensait quand il était éméché mais leur conversation d’hier était trop profonde pour pouvoir en parler comme il se doit, alors il avait son dur, comme si il ne ressentait rien, mais sa vérité lui avait dévoilé avec de simples mots, et surtout, il avait entendu par quelqu’un d’autre.

Effectivement, depuis quelques semaines, Jared commençait à se poser des questions à propos de sa relation amicale avec son meilleur ami. Et puis Johnatan qui s’amusait à les taquiner sur ce sujet était perturbant. Et si il avait raison ?
Oui, le leader de 30 Seconds To Mars était bel et bien bisexuel, mais tomber amoureux de son ami et de plus sur un tournage était peut-être une erreur. Si il s’avouait finalement tout ceci à soi-même, c’est que c’était sérieux, c’est que leur relation allait durer tout le long de sa vie, il savait pertinemment que Colin le lâcherait ~ Si évidemment tout cela récriproque ~ après une nuit ou après le tournage. Pourquoi tenter si tout portait à croire qu’il ne sera pas heureux et qu’il souffrira plus qu’autre chose ?

- Jared ?

L’ainé des deux hommes sursauta. Son ami était rentré dans la salle de bain en silence. A vrai dire il se fichait de voir l’américain nu.

- Ou… Ouais ?
-  T’es sûr que ça va ? Je t’ai appelé mais t’as pas dû m’entendre avec l’eau, j’me suis quand même un peu inquiété !
- Je sais encore prendre ma douche Co’, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je sais faire ça tout seul !
- Tu es tellement doué que tu serais capable de te noyer dedans !

L’Américain se cacha derrière le rideau et prit la pomme de douche afin d’arroser l’acteur d’Alexandre.

- Heeeeeeey, mais t’es malade !? Elle est gelée ton eau !
- Tu vois ce que te rapportes des conneries ? Allez, sors de là, j’ai compris j’fais vite !

Il visa une seconde fois son ami en riant puis sortit de la douche en vitesse.

Ce qui était bien dans leur amitié, c’est que même avec les doutes que chacun pouvait avoir, rien de leur complicité de changeait. Après l’épisode de ce matin, tout se passait parfaitement, entre les rires, les scènes qui finiraient peut-être en bétisier, toute cette ambiance enfantine, vraiment, rien n’était à changer.

Quand le fameux « coupez » de fin de journée sonna, Colin demanda à Jared de le voir cependant à part, quelque chose le travaillait depuis hier soir. Il ne sut dire pourquoi mais son ami saurait peut-être lui dire.
Le brun arrêta de sourire quand son complice lui demanda de parler en privé, c’était plutôt inhabituel venant de sa part de vouloir se confier.

- Co’, y’a un problème ?
- Non, non… Enfin peut-être que tu pourrais me renseigner sur quelque chose.
- Euh, si je peux bien-sur !

Le blond réfléchie à la tournure qu’il devait prendre et décida d’être plutôt court mais assez direct.

- Est-ce qu’hier j’aurais dit quelque chose d’étrange à propos de notre relation ?

Jared le regarda attentivement, puis répondit avec toute la sincérité du monde.

- Oui.. Quand tu es rentré tu as dit que notre relation était plutôt étrange et que…

L’Irlandais le coupa d’une voix assez sèche et rétorqua aussitôt.

- Jay’ s’il te plait, réponds-moi franchement. Tout ça, c’est qu’une amitié ou ça doit rimer à autre chose?

Le second Alexandre baissa la tête, il ne savait pas trop, son meilleur ami le mettait encore devant sa vérité, au pied du mur. C’est alors qu’il senti une main enlacer son avant bras et un visage se rapprocher du sien.

- Si tu ne sais pas, laisse-moi te dire que même si tu entends des rumeurs à propos de moi, sur le fait que je sois un bad boy et tout ça, je pense que tu les a déjà lu de toutes manières, tu peux être sûr que je ne pourrais pas changer du jour au lendemain, mais si on essaye, peut-être que tu pourras m’aider…

Il approcha encore son visage près de celui de son compagnon afin de l’embrasser une première fois, comme pour savoir si, au feeling, tout pouvait se savoir.

- Mais, continua le blond, s’il te plait, pour le moment, ne dis rien, à personne…



FIN.